Sur la Catalogne
La Catalogne est un pays avec sa propre langue, culture et personnalité, situé au nord-est de la péninsule ibérique. Géographiquement, elle se trouve sur la côte de la mer Méditerranée, mais dispose aussi d’importantes chaînes de montagnes, comme les Pyrénées-Orientales, et de massifs singuliers comme le
Montseny et les montagnes de
Montserrat.
Les
Pays Catalans, constitués par la Principauté de la Catalogne, le Pays Valencien, les îles Balears (Majorque, Minorque et Ibiza) et la Frange de Ponent, sont les pays où se parle la langue catalane. Leur origine se situe au Moyen Age, quand les chrétiens réfugiés dans les Pyrénées et en Occitanie commencèrent la récupération des terres conquises par les Maures. Les Pays Catalans devinrent alors une réalité politique unifiée en tant que Confédération catalano-aragonaise, sous la souveraineté des comtes de Barcelone.
Plus tard dans le Moyen Age, la Catalogne établit l'un des premiers parlements au monde, bien avant l'Angleterre. La Trêve de Dieu ou
Treuga Dei devint une convention entre les seigneurs de la Catalogne et la paix s’étendit en laissant de côté certains jours de l'année où la violence n'était autorisée. Cette trêve fut proclamée en 1027 lors du Conseil de
Toulouges -ville du Roussillon- présidé par
Oliba, évêque de
Vic, premier patron notable du mouvement. Ce désir de paix et de démocratie, qui vient de longtemps, est l’une des enseignes les plus remarquables de la Catalogne.
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L’histoire de la Catalogne est l'histoire d'une lutte pour la survie politique et culturelle. La dernière des nombreuses tentatives de détruire sa langue et sa culture a été la dictature du Général Franco. De nos jours, la Catalogne est en partie dirigée par un gouvernement autonome (
Generalitat de Catalunya), et la langue catalane, désormais officielle, fait l'objet d'un processus de redressement. Néanmoins, le droit de la Catalogne à l'autodétermination n'a pas encore été reconnu par l'État espagnol.
Sur Barcelone
Barcelone est la capitale et principale ville de la Catalogne. Avec une population de 1.621.537 habitants, elle est le centre d'une vaste région métropolitaine qui a 4.200.000 habitants, la sixième zone urbaine en Europe.
Placée sur la côte ouest de la Méditerranée, sur une plaine entre les embouchures des rivières Llobregat, au sud, et du Besos, au nord. Le massif de Collserola referme la ville sur son côté ouest et devient son principal poumon vert.
Le
site de la Mairie de la ville offre une information complète sur les faits les plus importants de la ville, en anglais.
L'empereur Auguste fut le fondateur de Barcelone en tant que colonie de vétérans de l'armée et lui donna le nom Barcino. Toutefois, la plaine de Barcelone était déjà peuplée par un groupe ethnique ibérique: les Laietani. Les Wisigoths conquirent la ville au début du Ve siècle, tandis que les Arabes ont répété l'exploit au début du huitième siècle. En 801, Louis le Pieux, fils de Charlemagne, conquit la ville pour les Francs et créant une zone tampon pour protéger son royaume de la menace musulmane. Au cours de la période de décadence carolingienne, le roi ne fut plus capable de protéger ses vassaux contre les incursions Maures, et le comte Guifré (Wildref) se sentit libéré du serment donné au roi franc.
Barcelone devint la capitale d'un comté de plus en plus important, intégrant les comtés frontaliers et devenant un capitale de royaume lorsque le comte Ramon Berenguer IV épousat Pétronille d'Aragon en 1150. La ville se développa ainsi que la Cour d'un empire fleurissant sur la Méditerranée occidentale, y compris les pays catalans, la Sardaigne, la Corse, la Provence, certaines régions d'Italie et même en Grèce et en Turquie.
Même lors du mariage de Ferran, roi d'Aragon et d'Isabelle, reine de Castille, en 1469, les deux royaumes conservèrent leurs propres lois et institutions. Pendant plus de deux siècles, ces deux pays demeurèrent pratiquement indépendants.
Toutefois, après la guerre de Succession d'Espagne, la Catalogne perdit son Parlement et fut assimilée à la Castille. Pendant cette guerre, les catalans soutenaient la dynastie des Habsbourg, tandis que la Castille était du côté des Bourbons. Le 11 septembre 1714, Barcelone succombât à un long siège et une résistance héroïque.
Malgré la perte du pouvoir politique, à la fin du XVIIIe siècle Barcelone devint un important centre industriel. Le long du XIXe siècle, la force de la ville grandit, en s'appuyant sur son activité économique. La fin du XIXe siècle et le début du XXe, ont été témoins de la reprise de la personnalité catalane de la ville, et la parution d'un mouvement artistique, la "Renaixença" (en catalan, de la renaissance) et ses célèbres expressions architecturales connues sous le nom de «modernisme», avec
Gaudí et d'autres grands créateurs. Parmi d’autres événements contemporains remarquables, il convient de citer l'hébergement d’une Exposition universelle en 1888, l’intégration de six municipalités environnantes et la création d'un nouveau quartier qui les rejoignit au centre de la vieille ville: l'Eixample.
En 1931, la Generalitat, l’ancienne institution abolie en 1714, a été réintégrée en tant que gouvernement autonome au sein de la République espagnole. Cependant, la guerre civile (1936-1939) mit fin à cette courte période d'espoir pour la capitale catalane et l'ensemble du pays, et conduit à quarante ans de dictature, de répression et d'interdiction de la culture catalane. Le long de ces quarante années, la population de Barcelone augmentât avec l'arrivée d'une vague massive d'immigration, principalement en provenance du Sud de l'Espagne.
Le décès de Franco en 1975 débouche en une période démocratique, et la Catalogne récupère l'ancienne Generalitat, qui avait survécu en exil pendant le franquisme. De nos jours, Barcelone est la capitale administrative, économique et culturelle de la région autonome de Catalogne. À la Plaça Sant Jaume, le Palais de la Generalitat se tient devant l'Hôtel de Ville. Dans le parc de la Ciutadella, l'ancien arsenal espagnol a été rénové en un parlement démocratique.
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Sur le référendum d'indépendance en Catalogne
Le 13 Septembre 2009, les habitants de la ville catalane d'Arenys de Munt ont voté dans un référendum proposant l'indépendance catalane de l'Espagne. Les termes de la question qui a été posée étaient les suivants: «Etes-vous favorable à ce que la Catalogne devienne un Etat social, démocratique et indépendant de droit, membre de l'Union européenne?" Environ 40% des 6.500 électeurs ont participé au référendum et plus de 96% des votes ont été en faveur de l'indépendance catalane.
Bien que le référendum n'ait pas été officiel, son importance n’en est pas moindre. D'abord parce que la Constitution espagnole ne reconnait pas le droit d’autodétermination à la Catalogne, ensuite parce que, pour la première fois dans l’histoire, des milliers de catalans ont pu remplir un bulletin de vote leur permettant de se déterminer librement pour ou contre l’indépendance de leur pays.
Mais c’est aussi la face sombre de l'État espagnol et de sa transition vers la démocratie que met en lumière ce référendum. En effet, d’une main l’État espagnol intente un procès contre la mairie pour avoir approuvé une motion de soutien au référendum – ce qui aboutira à l’interdiction d'utilisation d'une salle municipale pour son organisation-, quand de l’autre il autorise, le jour même du scrutin, la tenue au village d’une manifestation anti-indépendantiste menée par la «
Falange » (parti fasciste dirigé par le dictateur Franco jusqu'à sa mort) De plus, il a également été découvert pendant cette campagne que le procureur de l'État avait été candidat sur les listes de ce parti fasciste lors d'une élection en 1998.
Le lendemain du référendum, des centaines de villes catalanes ont commencé à organiser des consultations similaires. La bonne marche des référendums dépend surtout des plateformes locales, formées par des membres de partis politiques, d’associations culturelles locales et des citoyens non-militants, oeuvrant de concert dans ce but commun.
Le 13 Décembre 2009, 167 villes ont tenu un référendum dans les mêmes conditions que celui d’Arenys de Munt. Environ 28% des 700.000 électeurs admissibles ont participé à cette première vague massive de référendums, et 95% ont voté oui à l'indépendance. Organisé en privé, avec presque aucune couverture médiatique, et basé sur le bénévolat, ces résultats ont été un grand succès. Même les grandes villes à proximité de Barcelone, comme
Sant Cugat, ont eu un taux de participation élevé (25%) et un résultat clair en faveur de l'indépendance (92,3%).
La deuxième vague de référendums eut lieu le 28 Février 2010, quand un autre groupe de 80 villes organisé le référendum. 21,5% des 300.000 électeurs admissibles ont participé, et 92% ont voté Oui. La troisième vague a eu lieu le 25 avril 2010, lorsque 213 villes ont organisé le référendum et 1,3 millions de citoyens avaient le droit de vote. Deux des villes où le référendum a eu lieu ont une population supérieure aux 100.000 habitants (Lleida et
Reus), quatre entre 50.000 et 100.000 (
Girona, Manresa, Granollers et Mollet), et deux entre 30.000 et 50.000 (Igualada et Figueres). Le taux de participation était d'environ 18%. Le 20 juin 2010, une quatrième vague a eu lieu, cette fois principalement dans les grandes villes situées dans la zone métropolitaine de Barcelone comme
Cornellà de Llobregat. La majorité de la population de ces banlieues est issue de la première vague d'immigration massive des années 60 en provenance de l’Espagne (surtout l’Andalousie). Le taux de participation fut de 14%.
Jusqu'à présent, 532 villes et plus de 3 millions de citoyens ont eu le droit de vote; 20% (618 415 électeurs) ont participé au référendum. 92,6% ont voté oui, 4,9% ont voté non et 2,1% ont voté blanc. Par conséquent, le soutien à l'indépendance accumule 572 954 votes.
Ces référendums sont considérés comme la première étape vers un référendum à grande échelle soutenu par le Parlement catalan. Ils sont organisés entièrement par des bénévoles.